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La ballade Le Cavalier et le lac de
Constance raconte l'histoire
d'un homme qui tombe raide mort en apprenant le danger qu'il
vient de courir en traversant le lac légèrement gelé qu'il a
pris pour une plaine. Mais un doute subsiste: s'il était mort
avant ? Ce long poème romantique sorti d'un obscur auteur
disparu en 1850 est d'une beauté sombre et bizarre. Lu en voix
hors champ avant la représentation, il sous-tend toute l'oeuvre
et la prolonge.
La
pièce de Peter Handke, elle, est plutôt intemporelle et met aux
prises cinq acteurs de théâtre se donnant pour tels. Pendant une
traversée de deux heures, ils marchent sur le vide, sur le
gouffre ; n'ayant déjà pas plus d'existence que des acteurs de
théâtre. Ils sont eux aussi de l'étoffe dont sont tissés les
rêves ; ces personnes, qui ne sont constituées que d'une syntaxe
de clichés, gestes et phrases stéréotypés - ceux de la vie, ceux
du théâtre - n'abordent la rive que pour faire naufrage,
disparaître, s'évanouir, quand leur est révélée la fragilité de
leur support, finalement le néant dont ils étaient faits, le
vide qui leur tenait lieu d'être.
La
Chevauchée démonte les ressorts de la parole pour en stigmatiser
le pouvoir corrupteur. Handke croit en la littérature. Pour lui,
parce qu'elle est l'exercice de la parole par excellence, elle
peut changer l'homme quand elle est pratiquée avec prudence et
humilité. La Chevauchée est une pièce où le chassé-croisé des
stéréotypes dérape vers l'inédit, l'humour, la folie
quotidienne.
Acte 3
a choisi de présenter l’œuvre la plus spectaculaire de Handke
dans les jardins intérieurs du Collège de Maisonneuve où les
comédiens évoluent face à l'assistance sur un plan incliné. Cet
atrium haut de quatre étages n’avait jamais servi pour des
représentations.
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