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LE PERSONNAGE
COMBATTANT

de Jean Vauthier

 

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Avec: Jean-Maurice Gélinas, Serge Lessard / Mise en scène: Guy Lapierre  Assisté de Serge Lessard / Scénographie, costume et lumière: Serge Beaudoin / Environnement sonore:  Réjean Dugal  / Affiche: Alain Provost / Photo: Alain Renaud / Du 8 avril au 8 mai 1989 / Théâtre Le Mont-Royal, (Outremont) Montréal.15 mai 1989 / Maison des Arts de Laval En collaboration avec Le Ministère de la Culture et des communications du Québec La Ville de Laval Hydro-Québec Air Canada Labatt Gallimard.


 

Le Personnage combattant met en scène un écrivain devenu célèbre, en voie d'écrire un nouveau roman. Dans le but de retracer sa première inspiration, il revient dans une chambre d'hôtel médiocre, occupée quinze ans plus tôt, où il avait alors rédigé une courte nouvelle. L'action est lancée : dans une nuit aux luttes sans cesse renaissantes, à la fois pathétiques et bouffonnes, le Personnage sera confronté à sa réussite officielle, sa poésie menacée, sa jeunesse perdue.

Jean Vauthier a lu entièrement sa pièce tout en la commentant lors de plusieurs séances qui se sont tenues à Paris en présence du comédien et du metteur en scène. De cette collaboration est née une franche amitié qui a favorisé le travail d'élaboration de la mise en scène et de l'interprétation du spectacle.

Qui lit un texte de Jean Vauthier pour la première fois ne saurait être surpris par le nombre et la minutie des indications scéniques qui entourent les phrases ; c'est que la parole est inséparable de la manière dont elle est exprimée. Dans les marges des rôles, sont prévues les plus insensibles variations de débit, du geste, de la respiration : c'est qu'il y a toute une physique de la parole, qui a besoin d'être à chaque instant gouvernée.

Ce travail de comédien tient de la performance. On parle ici de jouer pendant trois heures avec de nombreux changements de ton, de mimiques, de déplacements. Tout cela en suivant les indications de l'auteur à la lettre puisque la mise en scène fait partie de l'écriture de Vauthier.

On a dit des pièces de Vauthier qu'elles étaient construites comme des symphonies où les mots tiennent lieu de musique. Son oeuvre est le fruit d'une passion extraordinaire, appuyée sur une connaissance très précise des mécanismes dramatiques et des moyens de l'acteur. Jean Vauthier témoigne d'une confiance absolue dans la puissance de la parole. Porteuse d'un souffle profond, sa dramaturgie échappe par la densité et la richesse de sa langue, aux effets de modes qui ont marqué les dernières décennies. Les pièces de Vauthier sont écrites comme des partitions où le langage n'est pas un support de la représentation mais bien le lieu même du jeu.

La scénographie respecte le décor initialement prévu par l'auteur. Acte 3 renoue avec la scène à l'italienne, ce qu'il n'avait pas fait depuis son premier spectacle qui demandait également ce dispositif habituel, Outrage au public.

C'est Jean-Louis Barrault qui crée à Paris en 1956 Le Personnage combattant. Cette pièce n'avait jamais été présentée en Amérique.

 


    

 

 

« J’ai rarement vu autant de générosité, d’énergie et d’intensité sur scène. Il faut reconnaître une performance exceptionnelle de Jean-Maurice Gélinas qui occupe seul ou à quelques répliques près la scène pendant plus de trois heures en défendant à bout de bras Le Personnage combattant de Jean Vauthier. Lorsque Jean-Louis Barrault a défendu le même rôle dans les années cinquante, il était suivi d’un médecin. Gélinas s’est contenté de lever des haltères, l’été dernier. Et sa performance est musclée. Du délire comme on en voit rarement, du théâtre d’acteur comme on n’en fait plus. »

Jean Beaunoyer, La Presse.

 

« Cette pièce de Vauthier représente un immense défi pour comédiens. Il fallait donc de joyeux fous comme les gens d’Acte 3 pour nous donner accès à cet auteur qui est un des plus grands et des plus exigeants du répertoire français contemporain. Évidemment, pour rendre crédible la démarche du Personnage, et en même temps (l’un ne va pas sans l’autre), pour respecter les exigences pharamineuses de Vauthier, il faut être très minutieux comme metteur en scène - c’est le cas de Guy Lapierre ; il faut aussi une grande humilité ; ce texte en est un à l’égard duquel on n’a que la liberté de bien le servir. Quant à l’acteur qui interprète le rôle-titre, il doit nous rendre le Personnage sympathique dans sa folie ; fragile dans sa grandiloquence ; aussi intelligent que vulnérable : Jean-Maurice Gélinas réussit tout cela et même plus. C’est un acteur d’une souplesse étonnante ; (il est même athlétique!) il est capable de mimiques extrêmement variées, d’une gestuelle qui débouche allègrement sur la danse ; son registre vocal est étendu. Je peux dire que peu d’acteurs québécois camperaient ce personnage fascinant avec autant de puissance, de versatilité et de richesse que Jean-Maurice Gélinas. J’avais vu le Personnage combattant à Paris en 1971, avec Jean-Louis Barrault, et bien je crois que si monsieur Vauthier l’avait aimée, il aimerait autant cette production aujourd’hui. »

Michel Vaïs, Radio-Canada.


« Une performance remarquable, un monologue époustouflant : j’invite le public au partage. »

Winston McQuade, Radio-Canada.


« Une performance de comédien exceptionnelle, quasi surhumaine, une parfaite maîtrise du rôle. »

Francine Grimaldi, Radio-Canada.