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Le Personnage combattant met en scène
un écrivain devenu célèbre, en voie d'écrire un nouveau roman.
Dans le but de retracer sa première inspiration, il revient dans
une chambre d'hôtel médiocre, occupée quinze ans plus tôt, où il
avait alors rédigé une courte nouvelle. L'action est lancée :
dans une nuit aux luttes sans cesse renaissantes, à la fois
pathétiques et bouffonnes, le Personnage sera confronté à sa
réussite officielle, sa poésie menacée, sa jeunesse perdue.
Jean
Vauthier a lu entièrement sa pièce tout en la commentant lors de
plusieurs séances qui se sont tenues à Paris en présence du
comédien et du metteur en scène. De cette collaboration est née
une franche amitié qui a favorisé le travail d'élaboration de la
mise en scène et de l'interprétation du spectacle.
Qui
lit un texte de Jean Vauthier pour la première fois ne saurait
être surpris par le nombre et la minutie des indications
scéniques qui entourent les phrases ; c'est que la parole est
inséparable de la manière dont elle est exprimée. Dans les
marges des rôles, sont prévues les plus insensibles variations
de débit, du geste, de la respiration : c'est qu'il y a toute
une physique de la parole, qui a besoin d'être à chaque instant
gouvernée.
Ce
travail de comédien tient de la performance. On parle ici de
jouer pendant trois heures avec de nombreux changements de ton,
de mimiques, de déplacements. Tout cela en suivant les
indications de l'auteur à la lettre puisque la mise en scène
fait partie de l'écriture de Vauthier.
On a
dit des pièces de Vauthier qu'elles
étaient construites comme des symphonies où les mots tiennent
lieu de musique. Son oeuvre est le fruit d'une passion
extraordinaire, appuyée sur une connaissance très précise des
mécanismes dramatiques et des moyens de l'acteur. Jean Vauthier
témoigne d'une confiance absolue dans la puissance de la parole.
Porteuse d'un souffle profond, sa dramaturgie échappe par la
densité et la richesse de sa langue, aux effets de modes qui ont
marqué les dernières décennies. Les pièces de Vauthier sont
écrites comme des partitions où le langage n'est pas un support
de la représentation mais bien le lieu même du jeu.
La
scénographie respecte le décor initialement prévu par l'auteur.
Acte 3 renoue avec la scène à l'italienne, ce qu'il n'avait pas
fait depuis son premier spectacle qui demandait également ce
dispositif habituel,
Outrage
au public.
C'est Jean-Louis Barrault qui crée à Paris en 1956 Le
Personnage combattant. Cette pièce n'avait jamais été
présentée en Amérique.
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