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BRITANNICUS
de Jean Racine


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Avec:
Luis
Bertrand, Nathalie Catudal, Jean-Maurice Gélinas, Ronald Houle,
Guy Lapierre, Izabelle Moreau, Martin Randez, Mario Saint-Amand
/ Mise en
scène: Jean-Maurice
Gélinas
Assisté de
Guy Lapierre
/
Scénographie et costumes:
Serge Roy
/
Lumière:
Martin Labrecque
/ Musique originale:
Bruno Richard
/ Affiche:
Guy Lapierre
/ Photo:
Stéphane Jacques
/ Du 15 au 30 septembre 1995 / Théâtre de la Bibliothèque,
Montréal. 2-3-4 octobre 1995 / Maison des Arts de Laval En
collaboration avec La Ville de Laval Celanese / Hoechst Le
Théâtre de l’Opsis |
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Dix
ans après sa version d'Andromaque
dans l'enceinte du bain public Laviolette, à Montréal, le
Théâtre Acte 3 présente Britannicus, une autre pièce de
Jean Racine. Il s'agit d'une tragédie romaine, politique,
éminemment psychologique, à fragrance amoureuse ; une oeuvre
féroce, un univers décapant.
Acte
3 convie le spectateur à pénétrer au cœur d'une petite Italie
Amafieuse
où le monde interlope de la puissante famille des
Julio-Claudiens se dispute le pouvoir suprême. Depuis deux ans,
le jeune parrain Néron y règne. Il tente de s'affranchir
d'Agrippine, l'acariâtre mère. Il kidnappe la famélique Junie,
amoureuse de Britannicus. Quoique membre du clan par le sang,
Britannicus tranche par ses idées progressistes. Sous les
conseils pervers de Narcisse, fameux chanteur de club et
maître-chanteur, l'incendiaire Néron liquidera Britannicus pour
assurer son règne et donner libre cours à sa folie.
En
se penchant minutieusement sur le vers, Acte 3 a tenté
d'extraire une pluralité de lectures, un nouveau développement
dans son orientation, dans ses multiples finalités. Cette
tragédie politique répond à un lieudit certain de notre
contemporanéité sociale : la prédominance des enjeux financiers
qui resserrent les tensions politiques et humaines et recèlent
un sens tragique.
La
passion, y compris celle du pouvoir, est une source de
déséquilibre pour l=individu
et la Cité, elle exerce partout ses ravages. On parle ici en
dollars, en browning, en rafale de vers.
Chez
Racine, la forme est si affirmée, la musicalité des vers si
évidentes, le vocabulaire et les situations si économes, qu'on
pourrait croire que ses tragédies s'opposent d'emblée à toute
ré-interprétation. Poète parfait, Jean Racine était aussi homme
de théâtre. Ne pourrions-nous pas suivre Britannicus
comme un intense film policier ?
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« Événement, happening, le mot est lancé. Car Acte 3, à travers
d’audacieuses relectures présentées dans des lieux souvent non
théâtraux, a toujours cherché à créer l’événement tout en
s’attaquant aux grands dramaturges du répertoire (Racine,
Cocteau, Handke…). Leur vision « réactualisée » d’Andromaque de
Racine, au Bain Laviolette, a marqué le souvenir de plusieurs.
Après une première pièce l’an dernier (Mariage de Gombrowicz) la
compagnie revient à Racine avec une version toute personnelle de
Britannicus, au Théâtre de la Bibliothèque. Acte 3 transforme ce
lieu, non pas en palais royal, mais en maison close… Logique,
puisque la compagnie ne fait pas que nous rappeler dans son
programme que les classiques sont toujours d’actualité, que ces
passions déchirantes et ces luttes sanglantes pour le pouvoir
sont de tous les temps : elle l’illustre clairement en
transposant l’action dans un cadre contemporain. Le jeune
empereur Néron (Mario Saint-Amand), qui entame son règne et ne
s’est pas encore engagé sur la voie de la folie meurtrière qu’on
lui connaît, est donc un jeune « parrain » mafieux qui contrôle
tout un monde interlope. Prostitués, contrebandiers, revendeurs
de drogue sont les sujets de ce despote en devenir, qui cherche
à s’affranchir du pouvoir de sa mère (Nathalie Catudal) tout en
disputant à Britannicus (Luis Bertrand), métamorphosé en jeune
intellectuel naïf, l’amour de Junie (Izabelle Moreau). Mario
Saint-Amand incarne avec éclat, mais tout en retenue, un Néron à
la folie presque palpable. »
Isabelle Mandalian, Voir.
« Dix ans après la version remarquée d’Andromaque dans
l’enceinte du bain public Laviolette à Montréal, le Théâtre acte
3 présente Britannicus, une autre pièce de Jean Racine.
Transposée dans un univers à la Al Capone, la tragédie de
Racine, mise en scène par Jean-Maurice Gélinas nous plonge dans
un tourbillon de passions. Confrontant régulièrement le public à
des créations de contenus et d’envergures différents, le Théâtre
Acte 3 s’est imposé comme l’une des plus audacieuses compagnies
de la dernière décennie. »
Succès, Le magazine des arts de Laval. |
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