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OUTRAGE AU PUBLIC
de PETER HANDKE



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Avec:
Jean-Maurice Gélinas, Kateri-Hélène Racine,
et la participation de:
Guy Lapierre
/ Mise en scène:
France Arbour
/ Du 22 septembre au 16 octobre 1983 / Centre d’Essai de
l’Université de Montréal / Affiche:
Guy Lapierre
/
Photo:
Martin Duplessis, Pierre Rochon
/ En
collaboration avec: La Brasserie O’Keefe, Dix Versions, Moug, Le Château' La Librairie d’Outremont, Lucie Bergevin |
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Outrage au public est un concept qui,
pour être réalisé, doit nier sa propre directive. Tout au long
du texte qui dit ne pas être une pièce de théâtre jouée, on vous
dira par exemple : « …maintenant nous allons vous insulter, vous
êtes ennuyeux, vous n’êtes rien, vous êtes à l’état larvaire,
nous savons que vous nous regarder, nous ne jouons pas, ni ne
jouerons, ceci n’est pas du théâtre, notre temps est identique
au vôtre, de ce côté-ci, le monde n’est pas différent de
chez-vous. La rampe n’a pas de frontières ».
L’outrage nous amène à être plus attentif face à notre condition
de spectateur. Ceux qui résisteront n’auront qu’à bien se tenir,
et ceux qui refuseront de marcher peuvent partir : ils ne seront
pas remboursés. Le paradoxe, ici, consiste dans l’attrait
mystérieux qu’exerce sur le public « une pièce » qui n’en est
pas une, où s’agitent des personnages qui n’en sont pas, dans un
lieu nul. De là à ce que les spectateurs ne croient plus à leur
fonction ni à leur utilité, il n’y a qu’un pas, que certains
exécutent en quittant la salle. Cela fait éminemment partie du
jeu. Sans cette désertion, les spectateurs restants seraient
privés d’un sentiment de danger, ou à tout le moins,
d’insécurité face à une fin prochaine, et abrupte de
l’événement.
Outrage au public, c’est
véritablement un événement qui nous amène à considérer le
théâtre avec un œil neuf.
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« Outrage au public n’est pas une détente d’après dîner
et est tout aussi essoufflant pour les spectateurs que
pour les acteurs… »
Jean-Pierre Bonhomme, La Presse.
« Avec cette œuvre
presque injouable, les casses-cou du Théâtre Acte 3 ont pris
plus que jamais le risque de nous perdre. Pour mieux nous
gagner. »
Michel Vaïs, Cahiers de Théâtre Jeu.
« Au Centre d’Essai de l’Université de Montréal, il se passe
quelque chose d’étrange et de fort : un texte agite deux êtres
face à un personnage pluriel nommé public; ce dernier devant
être outragé. Les deux comédiens d’Acte 3 sont des êtres
courageux et fin; et c’est avec finesse psychologique qu’ils
doivent vivre et travailler ce qu’ils offrent au public/publ-hic. »
Rober Racine, Virus.
« Expérience bouleversante pour moi. Rarement ai-je été aussi
“chosifié” que par vos regards d’acteurs. Toutes les
contradictions de la consommation de l’objet culturel me
semblent être exaspérées à la limite du tolérable. Un instant,
une larme d’impuissance. Être ou ne pas être assis là à subir
tant d’outrages, jeu ou réalité ? On chavire. J’ai admiré le
tour de force de Jean-Maurice Gélinas, et sa complicité avec son
propre corps. Les rares apparitions de Guy Lapierre faisaient
leur effet de distanciation à la Brecht. Je vais recommander le
spectacle vivement à mes collègues qui enseignent le théâtre. De
tout coeur avec votre entreprise. Tenez bon ! ».
Alexandre Lazaridès
commentaire écrit d’un spectateur, critique de théâtre,
Cahiers de théâtre Jeu.
« Quelques mots au sortir d’une représentation/présentation du
texte de Peter Handke : Outrage au public : votre travail
m’intéresse beaucoup : L’événement de ce soir, avec toute sa
fugacité, redonnait du sens au théâtre et à l’activité théâtrale
d’ici : souvent brouillonne ou banale dans ses volontés
figuratives. Je suis responsable de la section théâtre au
magazine virus. Je n’ai pas l’intention, ni la prétention de
vous tenir un discours de maîtrise sur la production que vous
offrez actuellement. Simplement vous témoigner un plaisir de
spectateur devant un travail intelligent, maîtrisé, éloquent,
contestable (c’est une grande qualité) et digne d’un intérêt
évident ».
Stéphane Lépine, commentaire écrit d’un spectateur,
critique de théâtre. |
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